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SOLITUDE du 5/11 AU 12/12 2021

 

SOLITUDE

De quelle(s) solitude(s) parle-t-on ?

Si l’on adopte le point de vue du philosophe, la solitude ne serait pas la destination de l’homme, mais plutôt sa condition. Il n’est pas fait pour elle, mais par elle et sa vocation serait plutôt relationnelle. D’où un paradoxe : la solitude semble simultanément être la condition même de l’homme et l’obstacle qu’il doit surmonter pour ne pas succomber à la déréliction.

En dehors de ces réflexions revenons aux solitudes du quotidien. 

Les non choisies, les douloureuses, celle de l’innocent que l’on dit coupable, de la victime affrontant son bourreau, la solitude du mourant ou de l’abandonné… sans oublier celui qui s’ennuie en sa propre compagnie !

En revanche, la solitude choisie peut être délicieuse, comme celle du promeneur enchanté par la beauté du paysage, de l’alpiniste ou du navigateur enivrés d’espace, ou au contraire celles du méditant plongé en lui-même et du lecteur oublieux du monde…

Quelques artistes se sont exprimés sur le pourquoi de leur création et d’autres ont jugé préférable de laisser le spectateur rêver, seul, avec l’image.

 







Chapeau ! Collective 4/12 au 20/12/2020

 

C’est le plus beau jour de ma vie
J’ai retrouvé mon chapeau
Dernier étage de ma coquetterie
C’est le soulier de mon cerveau
Certains
Vont à la chasse à courre
Bien d’autres à la chasse aux félins
D’autres à la chasse aux humains
Moi je cherche mon galurin
Mon chapeau des jours anciens
Sans lui
Sans lui
J’ai peur que ma tête s’enfuie
Et s’égarent mes esprits.

Extrait de la chanson de Guy Béart « Le chapeau »

 





 

Guy SCHIBLER du 15/6 au 7/7 2019

Guy SCHIBLER

Venant d’ailleurs, il tombe amoureux du lieu. Oh, ce n’est pas un coup de foudre, mais un amour à maturation lente, effet d’une longue fréquentation. Finalement, Guy Schibler se décide à faire sa déclaration, à la ville de Seyssel et à ses habitants. Sous la forme d’une exposition photographique à la galerie de la Grenette.

Avec plusieurs séries d’images : des personnes, des choses, des ambiances, des parcours. La série « Personnes » est le fruit de rencontres avec les habitants de Seyssel. Sur le principe des enchaînements de la comptine « Marabout, bout de ficelle… », chaque personne qui acceptait d’être photographiée choisissait la suivante. Et décidait elle-même quel endroit de Seyssel servirait de décor à la prise de vues. Pour la série « Choses », Guy Schibler a promené son appareil dans tous les coins de la ville. Il pensait déjà à la dame de cour japonaise Sei Shônagon qui, au XIesiècle, éleva les listes au rang de genre poétique.

À la Grenette, le photographe propose treize listes d’images : « Choses qui rendent joyeux », « Choses qui portent la marque du temps », « Choses un peu secrètes »… Deux autres séries complètent l’exposition, l’une qui s’inspire de l’ambiance de polar à la Simenon que peut avoir Seyssel la nuit, l’autre qui rassemble en de longs panoramiques éclatés des images-flashes de la ville et de ses alentours.

https://guyschibler.ch/


Véronique Déthiollaz-Annette GENÊT-Guy SCHIBLER du 15/6 au 10/7/16

Y a-t-il au monde une forme à la fois plus simple, plus présente et plus fondamentale que la ligne horizontale? Trois artistes ont tenté de l’approcher et d’en saisir l’essentiel.

 

Véronique Déthiollaz

Elles flottent en eau douce. Barques sans mâts ou mâts tombés. A moitié dessus, à moitié dessous. Flottent sur l’étang, la terre inondée. Dérivent entre les roseaux. Bois flottés.
Ciel et terre séparés. Jour-nuit. Blanc-noir. Bruine et pluie dessus. Parfum de tourbe dessous. Monde d’en haut, monde d’en bas. Entre deux, la ligne. Un fil, un sillon, un sillage, une griffure, le faîte d’un mur. Entre deux le trait, la tache, la coulure. Passage improbable.

Annette Genêt

Ligne horizontale, auréole de ma planète, départ pour l’infini. Innombrables points, microcosmes inconnus où s’entrecroisent tous les insaisissables. Voie ouverte à la rêverie, ligne d’envol pour d’improbables destinations. Inaccessible et vaste horizon. Grand large, liberté fantasmée, aventureux vaisseau offert au néant. L’eau, mon centre de gravité, lacs ou mers calmes, douce harmonie, mon regard s’y repose et mon cœur y est heureux.

 

Guy Schibler

La ligne horizontale est riche d’une grande variété de sens. L’homme la rencontre évidemment grâce à la ligne d’horizon. Mais ensuite il se l’approprie. Il en fait par exemple le moyen d’une séparation entre le haut et le bas. Ou alors la trace d’un passage, l’épure d’un parcours. Opposée à la ligne verticale, elle peut encore désigner l’attachement au sol, l’esprit d’immanence… J’ai tenté de saisir quelques-uns de ses traits par l’image photographique.