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A. GENÊT-G. IMHOF-J. F. JULLIEN-C.TCHOUHADJIAN du 8/7 au 9/8/20

 

Annette GENÊT

Souffler sur les braises.

Celui qui ne peut partager son vécu tant il est atroce garde en son cœur un monstre qui le scinde et le prive de la chaleur de la communauté. Sa solitude est immense. Tel est le sort des survivants d’un génocide ou d’une guerre, tout comme celui des enfants abusés.

Un neuropsychiatre connu pour son travail sur la résilience disait que pour que s’amorce une guérison favorisant l’insertion de la personne traumatisée, il fallait que quelqu’un puisse entendre cette horreur. Telle une passerelle entre l’immonde et le monde.

L’image forte qui imprègne ma présente démarche est celle d’une petite braise sur laquelle attentive et bienveillante je soufflerais patiemment pour ranimer un feu mourant.

Mes braises d’encre de Chine s’enflamment parfois bien au-delà de mes attentes.

https://annettegenet.odexpo.com/

 

Gérard IMHOF

Bois vermoulu, graines, brindilles et fétus, glands, noyaux, bouts de ficelle ou de papier et c’est bien sûr, poussière !

Les débris végétaux et leur lente ruine me fascinent. Je m’amuse à les mettre en scène et les dessiner comme s’ils étaient en état d’apesanteur, acteurs dérisoires d’un théâtre de l’effondrement. Le gazouillis de mes crayons m’apaise, le temps s’arête. Rien que ça…

http://www.ssbart-geneve.ch/imhof_gerard.html

 

Jean-François JULLIEN

Artiste depuis 1998, autodidacte. Aprés 14 ans de sculpture et de fonderie d’art (11 grands prix), j’ai découvert la gravure en 2012.

Avec passion, j’ai créé des plaques qui m’ont permis d’obtenir des estampes par transfert de l’encre sur le papier. Ce sont les procédés chalcographiques ou en taille douce par incision avec l’eau forte, l’aquatinte, et la pointe séche sur cuivre, zinc, acier et plexiglas.

J’utilise aussi la taille d’épargne avec des gouges sur linoleum où l’encrage est différent. Ce sont les parties planes qui prendront l’encre à l’eau avec le rouleau et les parties creusées par les gouges resteront blanches.

La contrainte de ces matériaux permet, et c’est un paradoxe, de libérer l’imaginaire. Mon univers toujours figuratif et narratif se veut fantastique, onirique avec trés souvent des touches d’humour.

Mon travail a été récompensé de très nombreuses fois lors de concours et de Salons.

Jean-François Jullien

https://jullien-clement.odexpo.com/

 

Christine TCHOUHADJIAN

Christine Tchouhadjian est une artiste dont l’oeuvre travaille autour de nature et culture. Christine est une glaneuse, elle fait les poubelles, les poubelles de la forêt, de l’histoire, de son histoire. Glaneuse de papier glacé autant que d’arbres centenaires, elle passe le plus clair de son temps dans les sous-bois et les salles d’attente. Elle erre entre les temps du vivant et du mort.

Ses origines arméniennes ont-elles à voir avec ces cicatrices végétales ? Ce jeu dangereux et douloureux de réconciliation d’éléments irréparables. Comment peut-on réconcilier le papier glacé et l’arbre tronçonné?

Son esthétique est une tentative de réparation, de soin, de deuil autant que d’évitement. Elle voudrait panser le monde de ses plaies avec élégance.

Ces bois et ces papiers, mis en scène avec délicatesse crient une violence lointaine et sans doute insoutenable.

http://www.christine-tchouhadjian.com/


Véronique Déthiollaz-Annette GENÊT-Guy SCHIBLER du 15/6 au 10/7/16

Y a-t-il au monde une forme à la fois plus simple, plus présente et plus fondamentale que la ligne horizontale? Trois artistes ont tenté de l’approcher et d’en saisir l’essentiel.

 

Véronique Déthiollaz

Elles flottent en eau douce. Barques sans mâts ou mâts tombés. A moitié dessus, à moitié dessous. Flottent sur l’étang, la terre inondée. Dérivent entre les roseaux. Bois flottés.
Ciel et terre séparés. Jour-nuit. Blanc-noir. Bruine et pluie dessus. Parfum de tourbe dessous. Monde d’en haut, monde d’en bas. Entre deux, la ligne. Un fil, un sillon, un sillage, une griffure, le faîte d’un mur. Entre deux le trait, la tache, la coulure. Passage improbable.

Annette Genêt

Ligne horizontale, auréole de ma planète, départ pour l’infini. Innombrables points, microcosmes inconnus où s’entrecroisent tous les insaisissables. Voie ouverte à la rêverie, ligne d’envol pour d’improbables destinations. Inaccessible et vaste horizon. Grand large, liberté fantasmée, aventureux vaisseau offert au néant. L’eau, mon centre de gravité, lacs ou mers calmes, douce harmonie, mon regard s’y repose et mon cœur y est heureux.

 

Guy Schibler

La ligne horizontale est riche d’une grande variété de sens. L’homme la rencontre évidemment grâce à la ligne d’horizon. Mais ensuite il se l’approprie. Il en fait par exemple le moyen d’une séparation entre le haut et le bas. Ou alors la trace d’un passage, l’épure d’un parcours. Opposée à la ligne verticale, elle peut encore désigner l’attachement au sol, l’esprit d’immanence… J’ai tenté de saisir quelques-uns de ses traits par l’image photographique.