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Isabelle BAECKEROOT-SERVANE 8/8 au 21/9/25




 

Isabelle BAECKEROOT

Dans mon travail, je tente de capter avec les couleurs et la matière un accord entre visible et invisible. Qu’il s’agisse de l’eau des rivières ou de fluides plus subtils qui semblent nous porter, de la lumière ou de l’ombre qui jouent à créer des formes familières, végétales, animales ou humaines, de la ligne d’horizon ou de la tension verticale de la cascade, il y a une traversée des apparences vers un lieu où se retrouver.

C’est un passage tendu, ténu, vers des univers imaginaires qui demande de l’attention, et du temps pour tenter (peut-être) de l’accueillir et de le restituer. Je me sers de la transparence du verre où les miettes, les bulles, les couleurs vont faire parler les surfaces et les profondeurs.

www.isabellebaeckeroot.fr

 

SERVANE

Pour rétablir la possibilité d’une peinture contemporaine, la série «Les grands gueules» offre a posteriori une transposition picturale de l’expression populaire. Sa forte présence plastique – grands formats renforçant visibilités chromatique et graphique – renvoie au volume sonore et au «trop» de paroles de la locution.

Investissant le champ lexical de l’expressionnisme abstrait des années 50 et l’urgence du graffiti, «les grands gueules» déballent un graphisme en mouvement : agité, hors maîtrise, offrant un espace de liberté à la texture par projections, dégoulinures et gouttes.

La spontanéité et l’imprudence du propos rendues visibles s’ancrent dans l’improvisation de la démarche. Rien n’est déterminé a priori. Tout se trouve dans l’action.

Paradoxalement, l’«action painting» investit la béance étymologique liée à l’absence d’action, aux bruits et aux parasites du discours. Elle signe plastiquement l’incohérence entre le discours et les actes par retouches, recouvrements, ratures…

Il s’agit enfin d’un retour à une figuration partielle. La série convoque un registre de figures populaires, païennes, issues de l’Art naïf : masques africains, «casse-noisettes du Harz», animaux, icones… sous forme de silhouettes à caractère expressif détourées sur fond clair.

La série convoque un registre de figures populaires, païennes et caricaturales.

https://www.servane.fr/

V. DÉTHIOLLAZ-A. GENÊT-G. SCHIBLER du 16/9 au 30/10

 

Véronique DÉTHIOLLAZ

Série Le Cercle de Craie

Tracer une ligne, la courber, l’arrondir. Faire cercle.
Fermer. Entourer. Enclore.
À partir de ce geste, il y a dedans et dehors.
C’est simple. Tragique ou rassurant. Cercle-refuge, cercle-prison.
C’est tout cela, mon Cercle de craie.
Un cercle de craie rouge dans un désert, où des petites personnes cheminent, errent, fuient, s’effondrent… mais dansent aussi quelquefois.
Des petites personnes qui attendent leur Azdak* sous un ciel parfois plombé, parfois clair.

* Le personnage du juge dans « Le cercle de craie caucasien » de Bertolt Brecht

* * *

Série Voyageurs en rond

Ces Voyageurs en rond transportent leur fardeau d’exil sur la bordure du chemin. Ils se balancent, ils nous regardent. Vont-ils rester dans le cercle et tourner en boucle, revenant sans cesse sur leur pas ? Ou vont-ils préférer le vertige, franchir cette lisière pour plonger dans le vide ?

* * *

Série Trois bulles d’enfance

Trois bulles d’enfance
Jouer avec un cerceau, jouer du tambour, se balancer… Habiter sa mémoire à en perdre la boule.
https://veroniquedethiollaz.ch/

 

Annette GENÊT

La ligne circulaire ?


Une ligne floue ou irrégulière, parfois invisible, mais bien présente. C’est en son centre que, d’instinct, j’ai choisi de me situer par rapport au thème de l’exposition. 
Mon tempérament m’inclinant à l’exploration, cette ligne imaginaire ou même parfois bien réelle peut m’inspirer une idée d’encerclement, de privation de liberté, mais elle peut aussi, au contraire, me donner un sentiment de protection ou d’appartenance. Si d’aventure je me trouve en difficulté hors du cercle, je peux souhaiter ardemment m’y réfugier.
Le monde dans lequel nous vivons me paraît particulièrement inquiétant et les images qui ont surgi en moi se rapportent à la plus grande vulnérabilité de la vie, celle d’une étape qui nécessite une extrême attention pour parvenir à maturité. Par analogie avec tout ce qui est à son commencement et ne peut voir le jour sans une protection attentive, le nid s’est imposé à moi.
Ne cherchez pas de réalisme biologique dans ces œuvres, car il n’y en a pas. Mon souhait est que ces images évoquent la douceur d’une famille attentionnée, quelle qu’en soit la fragile espèce.
https://www.odexpo.com/profil-artiste.asp?id=4109

 

Guy SCHIBLER

La chasse au cercle

Exercice 1 (tirages sur papier) :
Par la photographie, montrer l’omniprésence de la forme circulaire dans le monde, produite aussi bien par la nature que par la main de l’homme. Au hasard des choses et des noms se constitue le début d’une liste infinie : (par ordre alphabétique) ampoule, anneau, arceau, assiette, auréole, ballon, bidon, bobine, bouée, boule, carrousel, cône, couronne, cuve, entonnoir, encyclie, feuille, flacon, fleur, fruit, horloge, jarre, lune, lustre, marmite, montre, meule, nid, oculus, œil, orbite, parapluie, poêle, puits, roue, rouleau, section, socle, soleil, spirale, table, tambour, tipi, tonneau, trou, tube, ventre, verre, volant, yourte… Chaque élément de cette liste apporte sa pierre à une « rêverie du cercle ».

Exercice 2 (diaporama sur tablette) :
Choisir un endroit que l’on aime (ici, ce sera Sa Granja, un musée de Majorque consacré aux traditions populaires de l’île). Partir à la chasse, traquer les formes circulaires. Et confirmer ce que l’on savait : elles sont partout et leur variété est extraordinaire.
https://guyschibler.ch/