Expositions 2020

Gérard IMHOF

Bois vermoulu, graines, brindilles et fétus, glands, noyaux, bouts de ficelle ou de papier et c’est bien sûr, poussière !

Les débris végétaux et leur lente ruine me fascinent. Je m’amuse à les mettre en scène et les dessiner comme s’ils étaient en état d’apesanteur, acteurs dérisoires d’un théâtre de l’effondrement. Le gazouillis de mes crayons m’apaise, le temps s’arête. Rien que ça…

http://www.ssbart-geneve.ch/imhof_gerard.html

 

Christine TCHOUHADJIAN

Christine Tchouhadjian est une artiste dont l’oeuvre travaille autour de nature et culture. Christine est une glaneuse, elle fait les poubelles, les poubelles de la forêt, de l’histoire, de son histoire. Glaneuse de papier glacé autant que d’arbres centenaires, elle passe le plus clair de son temps dans les sous-bois et les salles d’attente. Elle erre entre les temps du vivant et du mort.

Ses origines arméniennes ont-elles à voir avec ces cicatrices végétales ? Ce jeu dangereux et douloureux de réconciliation d’éléments irréparables. Comment peut-on réconcilier le papier glacé et l’arbre tronçonné?

Son esthétique est une tentative de réparation, de soin, de deuil autant que d’évitement. Elle voudrait panser le monde de ses plaies avec élégance.

Ces bois et ces papiers, mis en scène avec délicatesse crient une violence lointaine et sans doute insoutenable.

http://www.christine-tchouhadjian.com/

 

Annette GENÊT

Souffler sur les braises.

Celui qui ne peut partager son vécu tant il est atroce garde en son cœur un monstre qui le scinde et le prive de la chaleur de la communauté. Sa solitude est immense. Tel est le sort des survivants d’un génocide ou d’une guerre, tout comme celui des enfants abusés.

Un neuropsychiatre connu pour son travail sur la résilience disait que pour que s’amorce une guérison favorisant l’insertion de la personne traumatisée, il fallait que quelqu’un puisse entendre cette horreur. Telle une passerelle entre l’immonde et le monde.

L’image forte qui imprègne ma présente démarche est celle d’une petite braise sur laquelle attentive et bienveillante je soufflerais patiemment pour ranimer un feu mourant.

Mes braises d’encre de Chine s’enflamment parfois bien au-delà de mes attentes.

https://annettegenet.odexpo.com/

 

Jullien CLEMENT

Artiste depuis 1998, autodidacte. Aprés 14 ans de sculpture et de fonderie d’art (11 grands prix), j’ai découvert la gravure en 2012.

Avec passion, j’ai créé des plaques qui m’ont permis d’obtenir des estampes par transfert de l’encre sur le papier. Ce sont les procédés chalcographiques ou en taille douce par incision avec l’eau forte, l’aquatinte, et la pointe séche sur cuivre, zinc, acier et plexiglas.

J’utilise aussi la taille d’épargne avec des gouges sur linoleum où l’encrage est différent. Ce sont les parties planes qui prendront l’encre à l’eau avec le rouleau et les parties creusées par les gouges resteront blanches.

La contrainte de ces matériaux permet, et c’est un paradoxe, de libérer l’imaginaire. Mon univers toujours figuratif et narratif se veut fantastique, onirique avec trés souvent des touches d’humour.

Mon travail a été récompensé de très nombreuses fois lors de concours et de Salons.

Jean-François Jullien

https://jullien-clement.odexpo.com/

 

Un dialogue poétique entre forme créée, nature et mémoire…

L’exposition « Les traces du vivant » est une invitationà découvrir un ensemble de créations inspirées par le monde végétal : arbres, feuillages, insectes…
Longuement observée, la nature est rendue présente dans toute sa force, sa fragilité, sa permanence. En circulant dans l’espace le visiteur pourra se laisser porter par la diversité des propositions pour une expérience poétique et sensorielle.

L’air circule entre les formes comme une respiration.
L’espace s’habite et le visible joue avec l’invisible.

____Les Radiographies
Pour donner à voir les traces du vivant, j’utilise très souvent des matériaux que je détourne comme les radiographies gravées avec une pointe sèche. La lumière y apparait par surprise au détour d’un trait. Elle dévoile une transparence ouvrant sur de nouvelles formes végétales dialoguant entre elles.

____Les empreintes et dessins
Dans une temporalité méditative, le dessin au micro pointe ou au crayon de couleur, le passage des feuilles dans la presse, les toiles peintes tentent la traversée du végétal : feuillages, fleurs, tiges… Il le dissèque et en laisse apparaître la subtilité, la légèreté, en écho au travail de l’encre sur rouleaux de papier.

____Les rouleaux de papier
Le travail à l’encre sur de longs rouleaux de papier Wenzhou s’attache à déployer un univers végétal longuement observé et gardé en mémoire. Du sol au ciel, s’enroule et se déroule une nature exubérante dans une continuité que rien ne vient heurter.
Entre le vide et le plein, l’ombre et la lumière, le noir et le blanc, les formes s’enveloppent de grisés ou de noirs profonds…. Seuls, le calame, le pinceau, le roseau, délicatement, retiennent des signes du vivant.

____Les sculptures
Les formes dessinées des feuillages s’échappent du papier pour se dire dans l’espace avec un stylo 3d, donnant naissance à des « Dentelles de feuillages » sculptées. Une expérience de reliance avec les gestes retrouvés et renouvelés invitant les formes à jouer avec la lumière.

____La dentelle sur porcelaine et toile
La porcelaine, modelée en fine pellicule, capte l’empreinte du bois préalablement sculpté.
La main précise les formes naissantes que le passage par le feu fixera ensuite en petits fragments de nature conservés dans des écrins.

____Les petits tableaux, coffrets et dessins sur calques aux papillons
La finesse de ces fragments de dentelles en porcelaine ouvre sur une nouvelle recherche.
Comment allez plus avant dans la transparence ?
L’écriture plastique des feuillages avec de simples crayons de couleur sur de grande feuilles de papier calque permettra d’avancer un peu plus loin encore.
Sur ces feuillages viendront se déposer des insectes aux couleurs irisées, captant la lumière dans leurs écailles…
Comme des instants de vie éphémère.

La création est mouvement
Chaque acte créateur en appelle un autre dans une continuité permanente.

Nicole LE MEN
Mai 2020



L’heure est Graff !

En 2017, la « Galerie du Pont des Z’Arts » a proposé au collège du Mont des Princes de Seyssel d’exposer tous les élèves d’un même niveau dans l’objectif de montrer l’évolution des pratiques en arts-plastiques de la sixième à la troisième.

En sixième les élèves ont exploré la sculpture en utilisant du carton d’emballage et la peinture en peignant avec des épices des autoportraits.
L’année suivante se fut des installations miniatures photographiées dans leurs mains, une planche individuelle de bande-dessinée qui contraignait l’élève à travailler la notion de point de vue ainsi que des Sténopés réalisés avec l’artiste intervenante, Claire Maugeais.

Cette année l’objectif était de sortir des murs de la Galerie et de proposer aux élèves de s’exprimer à l’aide de pochoirs sur les murs des deux villes de Seyssel autour de la thématique, hélas bien actuelle du «réchauffement climatique».

Lors du vernissage du 13 septembre 2019 à la galerie du Pont des Z’arts j’ai pu rencontrer l’artiste M. Joseph Lombardi. Ses peintures, intitulées « Le déluge », correspondaient à la thématique que je désirais aborder avec mes élèves. Nous avons après discussion décidé de travailler ensemble.

Nous avons entamé ce travail collaboratif en visitant l’exposition de M. Lombardi à la galerie du Pont des Z’Arts avec les élèves et en présence de l’artiste. Cette exposition de Joseph Lombardi associait, peintures, installations et sérigraphies en jouant parfois du même motif pour recomposer et varier ces assemblages. Les élèves ont pu échanger, questionner et entrevoir les techniques qu’ils allaient pouvoir utiliser lors de leurs propres projets.

L’apport de M. Lombardi a donc mené le projet plus loin et nous a permis de faire appel aux éditions « Drozophiles »qui proposent des ateliers de sérigraphies. Toutes les classes de quatrièmes ont donc pu faire des tirages sérigraphiques avec différents pochoirs créés par les élèves.

Pour soutenir nos élèves, nous vous invitons à cette promenade artistique dans les deux villes de Seyssel jusqu’au 15 mars 2020.

En remerciant particulièrement M. Lombardi pour son implication auprès des élèves et son soutien, M. Muller, principal du collège du Mont des princes pour sa confiance sans laquelle rien ne serait envisageable, Messieurs les maires de Seyssel Ain et Haute-Savoie qui ont autorisé cet affichage dans leurs villes et bien-sûr la Galerie du Pont des Z’Arts qui mène une politique culturelle exemplaire, permettant à tout un chacun d’ouvrir ses horizons. Anne Pujol, professeur d’arts plastiques.

Télécharger ici le parcours  du parcours.

 

Pour la deuxième fois, le Pont des Z’arts a le plaisir d’accueillir les artistes du Foyer de GREX à Corbonod.

Et comme la première fois, nous sommes sous le charme de tant de couleurs, de spontanéité, d’expressivité.

Alors, merci à Eric Perrier, l’animateur de ces ateliers qui permettent à chacun de s’exprimer librement. C’est, encore une fois la preuve, si nécessaire, que l’art est un monde ouvert à tous.

Nous espérons que cette exposition sera un encouragement pour tous ces artistes, et qu’ils poursuivront leur travail de création pour notre plus grand plaisir.